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« L’Eglise catholique annonce, et elle est tenue d’annoncer sans cesse le Christ qui est « la voie, la vérité et la vie », dans lequel les hommes doivent trouver la plénitude de la vie religieuse et dans lequel Dieu s’est réconcilié toutes choses. » dit le concile Vatican II dans Nostra Aetate, déclaration sur les religions non chrétiennes. « Le Christ est l’unique médiateur entre Dieu et les hommes… L’action universelle de l’Esprit n’est pas à séparer de l’action particulière qu’il mène dans le corps du Christ qu’est l’Eglise. » dit Jean-Paul II dans Redemptoris missio (5 et 29). Et le cardinal Ratzinger a rappelé en 2000 dans Dominus Jésus « l’unicité et l’universalité salvifique du mystère de Jésus-Christ, la médiation salvifique universelle de l’Eglise comme une vérité ». Si le salut passe nécessairement par le Christ, cela signifie-t-il qu’« hors de l’Eglise point de salut » ? Cette formule serait intolérable. Comment pourrait-on croire que les hommes des autres religions ne seraient pas sauvés. L’Eglise, dans son intolérance, exclurait les autres et rejetterait tout le monde en enfer ? Catholique en grec signifie universel. Mais cette universalité n’est-elle pas une tentation hégémonique ? Les autres religions ne sont-elles pas un autre moyen de se sauver ? N’y a-t-il pas du bien en tout homme honnête ? Comme souvent, l’objection a une part de vérité, mais elle a tendance à caricaturer la position de l’Eglise pour mieux la rejeter. Quelle est, en fait, sa position vis-à-vis des autres religions ?

Tout d’abord, elle reconnaît qu’il y a des rayons de vérité ou des semences du Verbe dans les autres religions. « L’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent en beaucoup de points de ce qu’elle-même tient et propose, cependant apportent, souvent, un rayon de vérité qui illumine tous les hommes » dit Vatican II dans Nostra Aetate. Dans le même sens Jean-Paul II dit dans Redemptoris missio (28) : « C’est encore l’Esprit qui répand les semences du Verbe, présentes dans les rites et les cultures, et les prépare à leur maturation dans le Christ. »

Cependant, les autres médiations religieuses ne tirent leur effet que du Christ. « Le concours de médiations de types et d’ordres divers n’est pas exclu, mais celles-ci tirent leur sens et leur valeur uniquement de celle du Christ, et elles ne peuvent être considérées comme parallèles ou complémentaires. » (Jean-Paul II, Redemptoris missio, 5). Le Christ agit directement dans l’Eglise par contact et à distance dans les autres religions. Il y a une appartenance latente et invisible à l’Eglise chez les croyants des autres religions. Si les hommes des autres religions sont sauvés, c’est par l’intermédiaire du Christ, même s’ils n’en ont pas conscience.

Il reste que le dialogue et le respect de la liberté font partie de la mission. « L’Eglise exhorte donc ses fils pour que, avec prudence et charité, par le dialogue et la collaboration avec ceux qui suivent d’autres religions, et tout en témoignant de la foi et de la vie chrétiennes, ils reconnaissent, préservent et fassent progresser les valeurs spirituelles, morales et socioculturelles qui se trouvent en eux. » (Nostra Aetate) « Toutes les formes de l’activité missionnaire sont marquées par la conscience que l’on favorise la liberté de l’homme en lui annonçant Jésus-Christ. » (Redemptoris missio, 39). « Le dialogue inter-religieux fait partie de la mission évangélisatrice de l’Eglise » (Redemptoris missio, 55) L’Eglise catholique veut respecter la liberté de chaque homme.

Finalement, l’axiome « hors l’Eglise point de salut » vise directement ceux qui, immédiatement éclairés par l’Evangile, le refusent. Cette affirmation ne vise pas ceux qui, sans qu’il y soit de leur faute, ignorent le Christ et son Eglise (CEC 847). Personne ne peut être sauvé par le Christ, s’il s’y refuse consciemment.

Bref, si l’Eglise respecte les rayons de vérité dans les autres religions, et les semences du Verbe existant en toute conscience humaine, pour elle, [la source de toute vérité salutaire se trouve dans l’Evangile (Benoît XVI, Audience générale, 3 mai 2016)].

Source : Bertrand Souchard – 42 questions sur dieu : Des réponses simples et concrètes sur le christianisme – Salvator