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« O Toi, l’au-delà de tout, comment t’appeler d’un autre nom ? » Ce sont des paroles de Grégoire de Nazianze, un évêque et penseur chrétien du IVe siècle. Et cependant Dieu ne refuse pas d’être comparé à un berger, un époux, un ami, un père ou une mère. « Comme est la tendresse d’un père pour ses fils, tendre est le Seigneur pour qui l’adore » (Psaume 103,13). « Comme celui que sa mère console, moi aussi je vous consolerai » (Isaïe 66,13). Et quand les disciples de Jésus lui demandent comment prier Dieu, il leur donne une prière qui commence par : « Père… » (Luc 11,2-4) ou bien : « Notre Père… » (Matthieu 6,9-13).

Si les chrétiens appellent Dieu « Père », ce n’est donc pas parce qu’ils auraient fait un choix parmi les divers noms possibles de Dieu, mais parce que Jésus l’a appelé « Père ». Par conséquent, ce n’est pas le mot « père », mais la vie et la prière du Christ qui nous disent qui est Dieu. « Nul ne sait qui est le Père si ce n’est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Luc 10,22). Nous ne devons pas nous fixer sur ce que, à partir de nos expériences personnelles, nous associons au mot « père » (ou « mère », « ami », etc.). C’est ce que Dieu a été pour Jésus qui définit le sens de son nom, « Père ».

Dans sa langue maternelle, en araméen, Jésus dit « abba » (Marc 14,36). Ce mot signifie « Père ». Certains ont même proposé la traduction familière « papa », pour souligner que Jésus fait confiance à Dieu comme un enfant. Mais il ne faut pas oublier que abba veut dire aussi « mon Père » (Matthieu 26,39) et que, dans l’Ancien Testament, c’est le privilège du roi de s’adresser à Dieu avec ces mots. A l’investiture du roi, Dieu proclame : « Il m’appellera « Mon Père » » (Psaume 89,27). Dans la version araméenne du même Psaume, nous lisons : « Il m’appellera abba. »

Comprise avec cet arrière-fond, la relation entre Dieu et Jésus n’est pas seulement de confiance filiale. Dans cette relation, c’est aussi Dieu qui fait confiance à Jésus. Au moment du baptême de Jésus et sur la montagne de la transfiguration, la voix de Dieu se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, qui a toute ma faveur » (Matthieu 3,17 et 17,5). Comme il avait jadis donné le pouvoir aux rois d’Israël, Dieu donne à Jésus l’autorité légitime et les pleins pouvoirs pour sa mission. C’est pourquoi à la place de l’expression « mon Père », Jésus peut aussi dire « Celui qui m’a envoyé » (Jean 5,24) ou « le Père qui m’a envoyé » (Jean 12,49).

Appeler Dieu « notre Père », c’est savoir que Dieu nous aime. Le Christ, en tant que Fils, nous révèle quel est cet amour. Ce n’est pas un amour qui retient, mais un amour qui fait confiance. L’amour du Père a donné à son Fils une mission. Ce même amour confie à chacun de nous la vie, libérant en nous des dons cachés. Dieu est notre Père en disant à chacun de nous : « Tu es mon enfant bien-aimé, je me réjouis de ce que tu es. »

Source : Taizé – Cherchez et vous trouverez: Questions sur la foi et la Bible – Taizé