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Des sondages posent régulièrement la question : « Quelle est votre religion? » Et nul ne peut ignorer qu’au fil des années le nombre de ceux qui se déclarent chrétiens se réduit sans cesse. Quant aux motivations de ceux qui vont à l’église, elles ne sont pas toujours claires. Sans aller pour autant jusqu’à cette anecdote rapportée par un journal : « Un curé de Milan a découvert qu’un couple qui fréquentait assidûment son église n’était pas animé par une ferveur religieuse particulièrement développée… Ils viennent pourtant chaque jour à la même heure et restent tête baissée, très recueillis, pendant un temps toujours identique, installé près d’une grande croix en bois sur le mur. Le curé admire cette prière et cette persévérance. Jusqu’au jour où, désireux de repeindre les murs, il découvre, courant le long du mur et dissimulé à son extrémité par le pied de la croix, un long fil électrique. Le couple venait recharger son téléphone portable. »

Je comprends cette désaffection, car j’ai moi-même longtemps éprouvé trois réticences par rapport à la foi chrétienne. J’allais de temps à autre à l’église, mais je m’y ennuyais. Je me demandais aussi si c’était vrai, si ce n’était pas qu’une série de belles légendes. Je ne voyais pas non plus comment quelqu’un qui a vécu il y a 2000 ans, à plus de 3000 kilomètres, pouvait être d’un intérêt pour ma vie aujourd’hui.

En fait, à l’époque, je connaissais peu de choses sur la foi et sur Dieu, comme beaucoup de gens, un peu comme Woody Allen : « Dieu est mort, Freud est mort, Marx est mort et moi-même, je ne me sens pas très bien… J’ai été longtemps très déprimé. Je m’apprêtais à me suicider mais je suivais une psychanalyse freudienne stricte, et si vous vous suicidez, on vous fait payer les séances que vous ratez. Et puis, à tout moment, provenant de quelque zone intérieure, j’entendais cette injonction : « continue de vivre ! » J’ai soudain reconnu cette voix. C’était celle de mon assureur. »

Je n’y connaissais pas grand-chose et, du haut de mon ignorance, c’était sans intérêt pour moi. Avec le recul, je réalise qu’il me manquait quelque chose. J’éprouvais un sentiment permanent d’insatisfaction, je vivais toujours dans l’attente de la prochaine étape. Au lycée, je me disais : « Quand je serai à la fac, ça sera super. » Puis, un jour, j’y suis arrivé. C’était super les trois premières semaines. Puis, je me suis dit : « Il doit y avoir autre chose dans la vie. » « Peut-être si je vivais dans un autre pays ? » Je suis parti vivre à l’étranger, c’était super, mais au bout de trois semaines, j’ai pensé : « Il doit y avoir mieux que ça. » Alors : « Peut-être si j’avais une copine ? » Je ne sais pas trop comment, j’en ai trouvé une, c’était super. Puis, après trois semaines…

J’ai d’ailleurs réalisé que je n’étais pas le seul. Beaucoup  de gens passent une grande partie de leur vie tournés vers l’étape suivante, la prochaine promotion, la prochaine relation. Une fois qu’on y est, on se rend compte que ça ne nous satisfait pas, il reste une faim de quelque chose d’autre. Jésus dit : « Je suis le pain de vie » (Jean 6, 35), le seul qui puisse satisfaire cette faim qui est dans chaque coeur. Le reste, aussi bon que ce soit – relations, travail, loisirs – nous laisse avec cette sensation que quelque chose nous manque.

Une Japonaise expliquait : « au Japon on a besoin de manger du riz. C’est comme si on avait deux estomacs. Un estomac pour la nourriture ordinaire et un autre pour le riz. Quelle que soit la quantité de nourriture ordinaire qu’on mange – viande, légumes, fruits – ça ne suffit pas. Tant qu’on n’a pas mangé de riz, on a toujours faim. » Si Jésus lui avait parlé, il lui aurait dit : « Je suis le riz de la vie, le seul qui puisse satisfaire cet autre estomac. » Il nous dit : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6), « le seul à pouvoir satisfaire cette faim profonde en toi ».

Source : Nicky Gumbel et Marc de Leyritz – Alpha, les questions de la vie : une occasion de découvrir la foi chrétienne – Cours Alpha France