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L’évolution est-elle possible ?

Si l’évolution était impossible, il faudrait que cette impossibilité vienne soit de la créature, soit du Créateur.

La nature des espèces vivantes rend-elle possible ou impossible l’idée d’une évolution ? Les scientifiques et les philosophes ne sont pas tous d’accord là-dessus. Le jury est encore en délibération, même si, des deux côtés du débat, il y a des gens absolument convaincus.

En ce qui concerne le Créateur, il n’y a aucune impossibilité de son côté. Si Dieu voulait mettre en place un système par lequel les espèces évoluent les unes à la suite des autres par des voies naturelles, il pourrait certainement créer un tel monde.

Donc, que ce soit du point de vue des théologiens ou de la plupart des scientifiques, l’évolution est au moins possible. Si elle a vraiment eu lieu n’a pas encore été déterminé. Il est clair qu’actuellement la théorie est sérieusement remise en question. Il est bien possible qu’elle soit sauvée, mais ce sera à la science de trancher.

Les conséquences de l’évolution

Il nous faut distinguer trois significations possibles du terme évolution.

Premièrement, le mot peut signifier simplement une théorie qui porte sur ce qui s’est passé (l’apparition d’espèces plus complexes sur la Terre) et sur quand cela s’est passé (à la lumière du témoignage des fossiles). Deuxièmement, il peut signifier une théorie expliquant le comment du processus : la « sélection naturelle », la « survie du plus fort », etc. Troisièmement, l’évolution peut signifier carrément l’absence d’un plan divin, en excluant l’idée de l’utilisation par Dieu de la sélection naturelle. Cette troisième signification n’est pas scientifique du tout, mais philosophique et théologique. Il est possible pour quelqu’un d’accepter l’évolution dans son premier sens, mais pas dans le deuxième ; il est aussi possible de l’accepter dans les deux premiers sens, tout en refusant le dernier. Il y a une contradiction claire entre la Bible et l’évolution dans le troisième sens. Cependant, l’évolution dans le troisième n’est pas du tout une théorie scientifique.

Si nous ne sommes que le produit d’une évolution par pur hasard, sans plan divin, alors notre vie n’a aucun sens universel, elle ne s’inscrit dans aucun scénario ou plan divin établi. Les seules significations, raisons d’être ou valeurs qui existent sont celles que nous nous inventons. La vérité ou la justice de celles-ci ne sont établies par aucun autre critère hormis nos propres désirs qui les ont créées. Autrement dit, il n’y a aucune raison de préférer l’éthique chrétienne à l’éthique stalinienne, si ce n’est poussé par nos désirs eux-mêmes. Le désir devient ainsi sa propre raison, sa propre justice.

Il n’y a aucune contradiction logique entre l’affirmation biblique qu’« au commencement Dieu créa les cieux et la terre » (Genèse 1.1) et la proposition qu’une fois la Terre créée, des espèces auraient évolué en vertu de la sélection naturelle. La science est comme l’étude de l’écologie interne d’un aquarium domestique ; la Bible est comme une lettre venant de la personne qui a installé l’aquarium. Loin de s’exclure mutuellement sur le plan logique, les deux idées peuvent s’imbriquer, même se suggérer l’une l’autre. Car d’une part, la Bible ne dit pas que Dieu « a créé » (bar¯a’ en hébreu) chaque espèce par un acte séparé, mais plutôt qu’il a dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce. » (Genèse 1.24) Et d’autre part, une théorie de l’évolution qui se limite à son domaine (la science expérimentale) sait qu’elle ne peut pas s’exprimer sur la question d’un divin Concepteur derrière les forces naturelles qu’elle étudie. . . même si un tel système, si élégant et ordonné, suggère fortement la nécessité d’un Concepteur cosmique.

Il n’y a pas non plus de contradiction entre l’affirmation biblique que l’âme humaine a été soufflée en nous par Dieu et l’affirmation de l’évolution que notre corps a évolué à partir de formes inférieures. Genèse 2.7 semble même suggérer une telle origine double.

Source : Peter Kreeft et Ronald Tacelli – La foi chrétienne, raisonnable? Petit guide d’apologétique – GBUC du Canada (PBU), Montréal 2013