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Le mot lui-même est déjà parlant. Lorsque nous évoquons Dieu comme notre Père et notre créateur, nous pensons à tout ce qu’Il nous donne. Nous voyons que notre vie, que le monde entier porte en soi la structure du don. Le préfixe « par-» redouble l’énergie de ce don. Quand cette logique du don a été blessée ou brisée par une grave offense, il faut la faire renaître. Entre Dieu et moi, par mes péchés, j’ai laissé s’élever des obstacles et parfois une muraille. Mais lorsque je me tourne vers Lui en reconnaissant ma détresse et en demandant de retrouver le contact avec Lui, alors Il reprend son oeuvre de Père : son don redouble dans le pardon. Il m’offre son amour par, à travers et malgré les barrières que j’ai mises entre Lui et moi. Le pardon est un renouvellement du don, et devant tant d’amour inattendu (qu’on se souvienne de la surprise de l’enfant prodigue quand il comprend qu’il était attendu par son père et à quel point il était toujours aimé par lui Array), il ne nous reste plus qu’un chemin : nous abandonner à son amour. Don, pardon, abandon, trois attitudes qui se suivent, s’enchaînent mutuellement.

Le pardon, c’est la logique du don qui se poursuit et se multiplie envers et contre tout ce qui y fait obstacle. Les mots le disent aussi dans d’autres langues ; en anglais, par exemple, « give » et « forgive », ou en allemande « geben » et « vergeben ».

L’amour du Créateur est capable de renverser tous les obstacles. Rien ne peut tenir, rien ne peut résister. La belle promesse que Jésus fait à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle » (Matthieu 16,18) peut être traduite ainsi de manière plus tonique encore : « Ne tiendra pas, ne résistera pas… ». On a l’impression que la force d’amour de l’Eglise pourra être victorieuse de toutes les ténèbres, de toutes les horreurs, de tous les péchés. La Bible appelle cet amour la « miséricorde ».

Source : Cardinal Philippe Barbarin – Dieu est-il périmé? paroles humaines, paroles de feu – La Martinière